La Victor est une commande privée que Q by Aston Martin a livrée le 4 septembre 2020, en un seul exemplaire. Son nom rend hommage à Victor Gauntlett, président exécutif de la marque à l'époque de la V8 Vantage et de la DBS V8 engagée au Mans sous le matricule RHAM/1.
Le point de départ n'est pas une feuille blanche mais une One-77 : sa monocoque en carbone construite par Multimatic, son train arrière, son V12 7,3 litres atmosphérique et sa transmission. Cosworth, qui avait signé ce moteur, le reprend et le porte de 750 à 836 chevaux SAE, soit 848 chevaux métriques, avec 822 newtons-mètres. Les relevés varient selon les publications, certaines annonçant 825 chevaux et un couple légèrement supérieur.
La vraie rupture tient à la boîte. La One-77 était équipée d'une transmission robotisée ; la Victor reçoit une manuelle Graziano à six rapports, dotée de deux radiateurs et d'un embrayage de compétition pour encaisser la chaleur du V12. Elle devient de ce fait la routière la plus puissante à boîte manuelle qu'Aston Martin ait construite. Les suspensions viennent de la Vulcan, les freins sont en céramique.
Aston Martin n'a publié aucun chiffre de performance. La presse qui l'a approchée avance moins de trois secondes de 0 à 96 km/h et plus de 320 km/h, sans validation d'usine.
L'habitacle a été traité comme une pièce d'ébénisterie : cuirs Forest Green et Conker de la tannerie Bridge of Weir, aluminium anodisé et titane poli usiné, ciel de toit en cachemire, noyer massif sur la planche de bord et le pommeau, volant à méplat repris de la Vulcan.
Partir d'une One-77 avait un avantage administratif décisif, que le commanditaire exigeait : la Victor hérite de l'identité d'une voiture homologuée pour la route, vitrages marqués compris, une certification qu'un exemplaire unique n'aurait obtenue qu'au prix d'un budget et de délais considérables. Ni le nom du propriétaire ni le montant payé n'ont été rendus publics.